L'assurance de la perte d'Exploitation ou l'assurance vie de l'entreprise - partie 2

Écrit par Assurman. Publié dans Risques financiers

 assurman usine fermee

6 Extensions de garanties

L'objet de la garantie de perte d'exploitation est la perte de marge brute consécutive à un arrêt d'exploitation à la suite d'un évènement garanti survenant dans les locaux de l'entreprise assurée. Mais des facteurs extérieurs à l'entreprise peuvent immobiliser sa production sans pour autant faire que l'entreprise soit elle-même touchée par un sinistre. En fonction de la nature de l'activité de l'entreprise, certaines extensions peuvent s'avérer indispensables. Voici les principales extensions existantes :

6.1 - Carence des fournisseurs

  • Votre activité dépend en grande partie de matières premières, de produits semi finis ou semi ouvrés qui vous sont délivrés par un même fournisseur. En cas d'arrêt de cette fourniture, votre entreprise risque l'arrêt d'exploitation.
  • Cette extension peut être acquise en cas de sinistre survenant chez le fournisseur et dont l'évènement est couvert par le propre contrat de l'entreprise (exemple : incendie)
  • Mais des cas particuliers peuvent se présenter (impossibilité de livraison par le fournisseur pour des causes autres : blocage des routes par exemple).

Un exemple récent d'application éventuelle de cette extension :

Le cyclone qui a dévasté les Antilles Françaises à l'été 2007 a détruit la plus grande partie des plantations de bananiers. Deux entreprises dunkerquoises étaient spécialisées dans le conditionnement et la commercialisation des bananes en Europe. Faute d'être alimentées en bananes, elles ne pouvaient plus fonctionner... Si elles avaient souscrit un contrat d'assurance perte d'exploitation avec l'extension « carence des fournisseurs », pas de problème, elles auraient pu être indemnisées.

6.2 - Impossibilité d'accès

Supposons que votre entreprise soit située dans une voie en impasse. Si, pour une raison quelconque, cette voie venait à être neutralisée, aucune livraison de matières premières ou de produits approvisionnement ne pourrait vous parvenir, et de même vous ne pourriez pas procéder à l'expédition de vos produits à destination de votre clientèle...

Cette impossibilité pourrait aussi résulter d'une catastrophe naturelle (inondation par exemple) qui sans toutefois affecter directement les biens de votre entreprise, empêcherait néanmoins tout accès vers elle...

Pour les commerces, il pourrait s'agir tout simplement de travaux de voiries qui, même sans interdire complètement toute circulation, pourraient dissuader la clientèle d'accéder audit commerce.

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Les entreprises travaillent de plus en plus en « flux tendu » sans stock ou avec un stock restreint, ce qui les rend plus vulnérables au moindre incident d'alimentation de la chaine de production. Les extensions de ce chapitre leur sont donc indispensables... !

6.3 - Interruption de la fourniture d'énergie

Imaginez qu'E.D.F. ne soit plus en mesure de vous alimenter pour une raison indépendante de sa volonté .... !
Qui ne se souvient pas des célèbres tempêtes Lothar et Martin de fin Décembre 1999 et des nombreuses coupures d'électricité durables qu'elles ont provoquées ?
Étant donné qu'il s'agissait d'un cas de force majeure, E.D.F. n'était nullement responsable de cette carence de fourniture d'énergie.

Un bon contrat d'assurance de perte d'exploitation doit prévoir cette extension.

Chaque entreprise est un cas particulier et il convient, avant de souscrire un contrat d'assurance de perte d'exploitation, de bien identifier les goulots d'étranglement, les évènements qui pourraient perturber le processus de production ou de commercialisation de l'entreprise. (Voir le chapitre "gérer les risques")

7 Capitaux à garantir en perte d'exploitation

Il s'agit bien entendu de garantir la perte de marge brute pour une période de garantie donnée. La marge brute peut se calculer de deux façons différentes à partir du compte de résultat du dernier exercice :

  • soit additionner tous les postes de frais généraux permanents et y ajouter le bénéfice (ou en soustraire le déficit)
  • soit procéder au calcul suivant qui est plus facile et surtout plus fiable :
    • additionner les postes :
      • 70 - chiffre d'affaires
      • 72 - production immobilisée
      • y ajouter la variation en augmentation de la production stockée (ou la soustraire s'il s'agit d'une diminution)
      • = sous total 1
    • additionner les postes suivants :
      • 601 – achats de matières premières
      • 6021 – achats de matières consommables
      • 6026 – achat d'emballages
      • 607 – achats de marchandises
      • 6241 - frais de transport sur achats
      • 6242 - frais de transports sur ventes
      • = sous total 2
  • Déduire du sous total 2 le total des rabais, ristournes et remises obtenus à rechercher dans les comptes 609 et 629
  • Déduire du sous total 2 l'augmentation des stocks ou y ajouter la diminution des stocks
  • Retrancher le résultat final du sous total 2 du sous total 1

Et vous obtenez le chiffre de votre marge brute à garantir pour une période de garantie de 12 mois.

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Attendez, j'ai pas fini.... ! Il n'est pas besoin d'évaluer un montant à garantir sur les frais supplémentaires d'exploitation puisque ceux-ci sont compris dans la garantie de perte de marge brute.

Par contre, vous avez tout intérêt à évaluer le montant des frais supplémentaires additionnels qui pourrait vous être utile en cas de sinistre et d'en prévoir la garantie au contrat.


7.1 - Durée de la garantie

La durée minimale de garantie est de douze mois.Il faut comprendre par là que sera garantie et indemnisée la pertes d'exploitation enregistrée dans la période de 12 mois qui suit le sinistre qui en est à l'origine.

Exemple : un sinistre incendie survient le 31 Décembre 2008

Si vous avez souscrit une garantie de 12 mois, «Lassureur » vous indemnisera à raison de la perte de marge brute enregistrée pendant la période du 1er Janvier au 31 Décembre 2009.

Et si, au 1er Janvier 2010, vous n'avez toujours pas reconstitué la totalité
de votre chiffre d'affaires, ce sera pour votre... pomme... !

Si vous avez souscrit une garantie de 18 mois, « Lassureur » vous indemnisera à raison de la perte de marge brute enregistrée pendant la période du 1er Janvier 2009 au 30 Juin 2010, et... Moi je vous dirai qu'il est hors de question, sauf cas particuliers dûment maîtrisés, de vous garantir pour une période inférieure à 18 mois. Et selon la nature de l'activité, de son éventuel caractère saisonnier ou de la complexité des installations à reconstituer, il sera prudent de prévoir des durées de 24, 30 voire 36 mois.

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Attention à bien choisir la durée de la garantie après sinistre, c'est primordial... !

Comme je vous l'ai déjà dit au début de cette page, le temps passe vite en expertises, en discussions, en formalités de toutes sortes et la reconstruction, une fois décidée, peut mettre autant de temps que les « préliminaires » pour être finalisée. Si vous utilisez du matériel ou des machines spécifiques voire spécialement conçues pour votre activité, le temps de rééquipement pourra être long, très long même, et vous devez le savoir mieux que personne... !

Là encore, c'est à chaque chef d'entreprise ou gestionnaire de risque d'évaluer les besoins de l'entreprise en la matière, sans perdre de vue que les impondérables sont souvent... prévisibles... !

Après un gros sinistre, et après reconstitution de l'outil de travail, il faut « remettre la machine en route » et retrouver le chiffre d'affaires réalisé avant le sinistre. Cela peut être plus long que prévu... ! (Voir la rubrique «gérer vos risques»)

Alors soyez très prévoyant en matière de durée de garantie, c'est un conseil d'Assurman le bienheureux... !

Évidemment, si vous décidez de garantir une période supérieure à 12 mois, les capitaux garantis devront représenter un même multiple, exemple :

  • marge brute annuelle à garantir sur une période de 12 mois: 1.000.000 d'€
  • pour une période de 18 mois, le capital à garantir sera donc de : 1.000.000 x18 :12 = 1.500.000 €
  • pour une période de 24 mois : 2 millions d'euros - pour une période de 30 mois : 2,5 millions d'euros etc...

Évidemment, la cotisation sera calculée en conséquence, mais il faut savoir ce que l'on veut... !

7.2 - Clause d'ajustabilité des capitaux garantis

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Cette clause est indispensable dans un contrat d'assurance de perte d'exploitation. Certains assureurs l'incluent automatiquement, d'autres pas...

Vous pouvez aussi choisir un coefficient de tendance propre à votre entreprise en vous référant à la croissance observée au cours des trois derniers exercices et aussi en fonction des perspectives de croissance liées à vos productions ou marchés nouveaux.

Dans certains contrats, cette clause s'appelle aussi : coefficient de tendance, ou clause d'ajustement. Elle consiste à prendre en compte l'évolution du chiffre d'affaires de votre entreprise, de l'évolution économique, de l'inflation. Je sais que vous allez me dire que par les temps qui courent, vous allez plutôt vers une régression que vers une croissance. Mais que savez vous donc de ce qui va se passer dans un, dans deux ou dans trois ans ????

J'espère pour tous que la croissance sera de nouveau là... Et toutes les entreprises ne sont pas sujettes aux fluctuations de l'économie... Pour bien comprendre l'intérêt de la clause d'ajustabilité du contrat de perte d'exploitation, il faut que je vous donne un exemple concret.

Au moment où j'écris cette « prose », nous sommes à la mi Novembre 2008. Nombre d'entreprises s'apprêtent à rediscuter leurs contrats qui arrivent en renouvellement au 1er Janvier 2009 et d'autres s'apprêtent à changer d'assureur à la même date. Soit ! En matière d'assurance de perte d'exploitation, ils vont devoir s'assurer pour tout sinistre affectant leurs locaux survenant pendant la période du 1erJanvier au 31 Décembre 2009 et induisant une perte d'exploitation pour les 12,18,24 mois suivants, voire plus.

Pour fixer les capitaux à garantir (la marge brute) ils disposent des comptes de l'exercice 2007, voire pour les meilleurs, de comptes de résultats intermédiaires au 30 Juin 2008.

O.K. ?

Ils ont décidé que pendant l'année 2009 le chiffre d'affaires ne va guère évoluer et choisissent un taux d'ajustabilité de 5% avec une durée de garantie de 18 mois (pour ne pas payer « trop cher » la cotisation d'assurance).

La marge brute ressortant des comptes 2007 est de 1 million d'€. Supposons qu'un sinistre survienne le 31 Décembre 2009 à 23h55 (ben oui quoi, pourquoi ça arriverait pas ?). La période d'indemnisation après sinistre sera donc celle comprise entre le 1er Janvier 2010 et le 30 Juin 2011.

O.K. ?

La marge brute garantie au cours de l'année 2010 et 2011 sera donc celle prévue fin 2008 avec les comptes de l'année 2007, augmentée de 5% par an

O.K. ?

Ce qui donnera l'évolution suivante :

  • Marge brute du 01.01 au 31.12.2008 = 1.050 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 31.12.2009 = 1.102,5 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 31.12.2010 = 1.157,6 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 30.06.2011 = 1.215,5 K€ / 2 = 607,75 K€

Oui mais voilà, contrairement aux prévisions de tous les « experts », la situation économique a fait retrouver une croissance soutenue, ou vous avez sorti au premier trimestre 2009 un produit qui fait un malheur, ou l'un de vos concurrents a perdu un marché que vous avez repris, bref, la croissance de votre entreprise aurait pu être de 12 % en 2009, de 16 % en 2010 et de 20 % en 2011...

Conséquemment, votre marge brute garantie aurait du être la suivante :

  • Marge brute du 01.01 au 31.12.2008 = 1.050 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 31.12.2009 = 1.176,0 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 31.12.2010 = 1.364,1 K€
  • Marge brute assurée du 01.01 au 30.06.2011 = 1.636,9 K€ / 2 = 818,45 K€
Conséquence fâcheuse :
A la fin de la période de garantie, c'est-à-dire au 30 JA n 2011, il vous manquera une couverture de marge brute de plus de 400 K€
C.Q.F.D.

La clause d'ajustabilité couramment insérée dans les contrats du marché :

Heureusement pour les imprévoyants, les « bons » assureurs ont pris l'habitude d'insérer automatiquement dans leurs contrats des clauses d'ajustabilité de 10 ou 20 % par an.

Ceci dit, si ce pourcentage n'est pas suffisant, il vous faut le dire non seulement lors de la souscription du contrat, mais aussi, en cours de contrat, si vous vous rendez compte que votre croissance « s'emballe ». Il faut d'urgence adapter votre couverture de marge brute à la réalité des chiffres du moment.

Et cela ne vous coûte rien d'être bien couvert car la clause d'ajustabilité ne donne pas lieu à paiement d'une cotisation...

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Vous n'avez aucune excuse pour être insuffisamment couvert. En effet, dans la plupart des contrats, la clause d'ajustabilité n'influence pas le niveau de la cotisation provisionnelle.

En effet, celle-ci est calculée sur la muge brute hors ajustement et ce n'est que lors de la régularisation de l'exercice, c'est-à-dire un an après, que la cotisation est calculée sur la muge brute réellement constatée dans l'exercice.

7.3 - Clauses diverses

7.3.1 - Dérogation à la règle proportionnelle de capitaux

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Il est indispensable de prévoir dans votre contrat une clause de dérogation à la règle proportionnelle de capitaux telle qu'elle est prévue par le Code des Assurances (voir index)

En effet, vous aurez déjà suffisamment de difficultés pour calculer le montant du capital nécessaire à garantir correctement la marge brute sur une période de deux ou trois ans. Il est donc indispensable de vous éviter l'application d'une telle règle après un sinistre.

7.3.2 - Limitation contractuelle d'indemnité

Cette disposition contractuelle permet de plafonner le capital garanti en perte de marge brute à un niveau qu'il vous appartient de définir en fonction de vos propres paramètres.

Elle présente les avantages suivants :

  • réduction sensible de la cotisation
  • possibilité de prévoir une durée de garantie longue « au cas où » sans pour autant en supporter une augmentation proportionnelle de la cotisation

Cette limitation ne devra être envisagée par l'entreprise qu'aux conditions suivantes :

  • vous maîtrisez parfaitement vos risques
  • vous avez conçu un ou plusieurs plans de « sauvetage », voire des plans de gestion de crise en cas de sinistre majeur, vous permettant de vous réinstaller rapidement dans d'autres locaux, ou de faire appel à des sous traitants « amis » afin de limiter l'arrêt d'exploitation etc...
  • ou votre entreprise comporte plusieurs établissements et il vous sera facile de délocaliser provisoirement la production affectée dans un autre établissement (il est quand même prudent d'en élaborer le plan au préalable)

Elle présente aussi les inconvénients suivants :

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Si vous appréciez mal la L.C.I., vous risquez de vous trouver sous-assuré après un sinistre. L'avantage que procure la clause d'ajustabilité disparait pour vous. Si vos paramètres changent il ne faut pas oublier de changer aussi le montant de la L.C.I.

7.3.3 - Garantie des indemnités de licenciement

A la suite d'un sinistre majeur, l'entreprise peut être amenée à procéder au licenciement du personnel. Il peut être convenu que les indemnités de licenciement entrent dans le cadre de l'indemnisation due au titre de la perte d'exploitation étant donné que les charges de personnel étant des frais généraux permanents, ne seront plus exposées.

7.3.4 - Réinstallation en d'autres lieux

Si l'entreprise en a la possibilité, il peut être prévu qu'une réinstallation en d'autres lieux soit possible. Il est donc prudent de prévoir que la garantie soit acquise dans ce cas de figure.

7.3.5 - Cessation d'activité

En cas de cessation d'activité, « Lassureur » ne doit régler aucune indemnité au titre de la perte d'exploitation étant donné qu'il n'y a plus d'exploitation...)
Toutefois, si la cessation d'activité est indépendante de la volonté de l'entreprise et se révèle postérieurement au sinistre, l'assureur peut prendre en charge les frais et charges exposés postérieurement au sinistre pour autant que lesdits frais et charges soient de même nature que ceux entrant dans la catégorie des frais généraux permanents assurés au titre du contrat. Ils pourront être indemnisés pour la période partant de la date du sinistre jusqu'au jour où l'entreprise a eu connaissance de l'impossibilité de reprendre son activité.

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Il est également prudent de prévoir que cette prise en charge ne viendra pas en déduction de l'indemnité éventuellement due au titre de la garantie « perte de valeur vénale du fonds de commerce ».

7.3.6 - Paiement d'acomptes après sinistre

L'une des finalités de l'assurance pertes d'exploitation est de permettre à l'entreprise de faire face à la charge des frais généraux permanents alors que son exploitation est à l'arrêt et qu'elle est privée des rentrées financières des ventes. Il est donc primordial que « Lassureur » verse rapidement et régulièrement des acomptes pour permettre à l'entreprise de survivre. Certes, c'est aussi l'intérêt de l'assureur de régler des acomptes qui permettront à l'entreprise de redémarrer rapidement son exploitation et de limiter le temps d'immobilisation de l'entreprise.

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Foi d'Assurman, il est toutefois indispensable de formaliser le versement de ces acomptes par une clause insérée au contrat...

7.3.7 - Nécessité d'une couverture du risque direct :

Tous les contrats de perte d'exploitation comportent une clause par laquelle l'assuré déclare être couvert par un contrat garantissant les dommages aux biens (immeubles, matériels et marchandises etc...)

C'est évident ! Un assureur qui accepterait de garantir la perte d'exploitation sans exiger la couverture des risques directs s'exposerait à « payer plein pot » au moindre sinistre puisque l'assuré ne serait pas en mesure de reconstituer son outil de travail.

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Un conseil d'Assurman :
Vous avez tout intérêt à faire assurer les risques directs et la perte d'exploitation par le même assureur. Pourquoi ?

Tout simplement parce que cet assureur de dommages aux biens assurant aussi la perte d'exploitation, il a tout intérêt á indemniser très rapidement les dommages subis en risque direct (immeuble, matériel etc.....) afin de vous permettre de reconstituer votre outil de travail au plus vite, et de reprendre une exploitation normale le plus rapidement possible. Ainsi, il limitera l'indemnité qu'il devra payer au titre de la perte d'exploitation.

Pour votre information, sachez qu'après un sinistre majeur, les indemnités payées par les assureurs au titre de la perte d'exploitation sont très souvent bien supérieures à celles versées au titre des dommages directs.

7.3.8 - Honoraires d'expert d'assuré 

C'est une extension indispensable, sauf si vous êtes vous-même expert- comptable !

L'instruction d'un sinistre pertes d'exploitation est complexe et fait appel à des connaissances pointues à la fois :

  • en droit des assurances
  • en technique d'assurance
  • en comptabilité
  • en fiscalité Alors, ne négligez pas cette extension qui vous rendra au centuple la cotisation qu'elle vous aura fait supporter... !

8 Quelques derniers conseils d'Assurman

8.1 - Formules de garanties pour les petits commerces, les artisans et certaines professions libérales

Pour ces professionnels, le fonctionnement de l'assurance des pertes d'exploitation va paraître bien compliquée, et ils auront raison.Il faut ajouter qu'un dossier de sinistre perte d'exploitation ne peut se clôturer qu'après la clôture de l'exercice au cours duquel se situe la fin de la période de garantie, ce qui peut être plusieurs années après la date du sinistre direct.

Dans les exemples pris aux paragraphes 7.1 et 7.2 ci-dessus, comme la fin de la période de garantie est fixée au 30 Juin 2011, le sinistre ne pourra donc être clôturé qu'après l'arrêté des comptes de 2011, c'est-à-dire entre Mars et Mai 2012. Pour un sinistre qui, je vous le rappelle, s'est produit le 31 Décembre 2009...

Pourquoi ces délais ? Tout simplement parce qu'un tel sinistre se règle au vu des documents comptables de l'entreprise (bilan, compte de résultat etc...) et qu'il faut bien attendre la fin de la période de garantie pour observer quelle a été l'incidence du sinistre sur les résultats de l'entreprise.

Que ces professionnels soient rassurés, il existe sur le marché des formules forfaitaires de garantie de perte d'exploitation. En fonction de la nature de l'activité, et du chiffre d'affaires réalisé, ces contrats prévoient des indemnités journalières forfaitaires en cas d'arrêt d'exploitation, dont voici un exemple :

Pour le règlement de sinistre, il suffit à l'expert de « Lassureur » de multiplier le nombre de jours d'arrêt par l'indemnité journalière et le tour est joué, exemple :

  • indemnité journalière de 500 €
  • durée d'arrêt d'exploitation : 45 jours
  • indemnisation de l'assureur : 500 x 45 = 22.500 €

Pour des catégories relevant plus des activités intellectuelles, qu'elles soient « commerciales » (société de conseil en informatique par exemple) ou libérales (expert comptable, notaire, consultant, professions médicales....), il existe aussi des formules de garantie des frais généraux permanents exposés après un sinistre.

Je vous en donnerai quelques exemples dans la rubrique « à chacun son métier » que je chargerai prochainement sur le site.

8.2 - Postes d'indemnités complémentaires

Il existe d'autres postes d'indemnisation de dommages financiers par ricochet qui peuvent être réclamés et indemnisés en perte d'exploitation. Je ne vous les dévoile pas ici, sachant qu'ils font l'objet de plusieurs exercices que j'ai imaginés pour vous familiariser avec le fonctionnement d'un contrat « perte d'exploitation ».

Faire ces exercices, c'est la meilleure façon de comprendre la perte d'exploitation

8.3 - La prévention, meilleure alliée de la garantie « perte d'exploitation »

J'aimerais convaincre les quelques 50 à 65 % d'entreprises qui ne sont pas encore garanties en perte d'exploitation de reconsidérer cette situation. En effet, ils mettent en péril leur entreprise, leur patrimoine personnel, leurs salariés et toute la communauté qui vit autour...

Qu'on ne me dise plus : « c'est trop cher », car c'est un raisonnement dénué de toute logique économique...

Un bon gestionnaire de risque saura sans problème doser les budgets qu'il doit affecter à chacune des catégories de couvertures d'assurance en fonction de leur intérêt pour l'entreprise, quitte à user de franchises conséquentes sur certains risques moins sensibles.

Par exemple, je suis toujours étonné de constater que telle entreprise de « bonne » taille assure tous les véhicules de sa flotte en garantie « bris de glaces »...

Voilà un bel exemple d'économie à réaliser sur le budget « assurance » Et il y en a des milliers d'autres...

Un dicton bien connu revient souvent à nos oreilles de quidams moyens : « Prévenir c'est guérir »

Il vaut aussi pour l'assurance... !

Vous ne pouvez pas imaginez les évènements, les incidents, les accidents, les catastrophes que peuvent avoir à connaître les assureurs. Parfois, on pourrait même penser que c'est sorti de la pure imagination d'écrivains de polars, d'ouvrages de science fiction ou autre littérature d'aventure... !

Que nenni ! Il s'agit de cas bien réels mais ô combien imprévisibles... !

La garantie « perte d'exploitation » est une absolue priorité de couverture pour la grande majorité des entreprises.L'ignorer constitue une grave faute de gestion et à cet égard, je voudrais vous rappeler l'évolution de la jurisprudence de la Cour de Cassation.

Il y a encore 15 ans, lorsqu'un incendie détruisait une entreprise, le chef d'entreprise pouvait licencier son personnel sans préavis ni indemnité de licenciement en invoquant « le cas de force majeure ». Aujourd'hui, cet argument ne tient plus pour licencier le personnel sans indemnités. En effet, les tribunaux ont intégré le fait qu'il existe sur le marché de l'assurance des garanties adaptées pour remettre financièrement à flot une entreprise victime d'un sinistre majeur.

Si l'entrepreneur n'a pas souscrit cette garantie, il sera accusé d'avoir commis une grave faute de gestion et non seulement il devra payer aux salariés licenciés toutes les indemnités auxquels ils peuvent prétendre, mais ceux-ci seraient en outre fondés à mettre en cause la responsabilité des dirigeants de l'entreprise à raison des fautes de gestion qu'ils ont commises dans l'exercice de leur mandat social.

9 - Les dix commandements d'Assurman

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  • 1. Je suis un entrepreneur « responsable » et je ne saurais me passer de l'assurance « perte d'exploitation », sauf si j'ai pris les dispositions nécessaires pour éviter ou limiter au supportable un arrêt d'exploitation consécutif à un sinistre 2 – Je sais que l'assurance perte d'exploitation ne me garantit pour un évènement donné que si les risques directs sont couverts et le sont suffisamment pour ce même évènement
  • 3. J'étudie un plan de prévention et de sauvetage en cas de sinistre grave
  • 4. Ce plan de prévention fait notamment l'inventaire :
        - des possibilités de réinstallation rapide dans d'autres locaux
        - des délais de reconstruction et de reconstitution de mon outil de travail
        - des délais de remplacement de mon matériel, de réapprovisionnement des matières premières, des
  • produits semi finis, des consommables etc....
  • 5. Avec ce plan, s'il survient un sinistre majeur dans l'entreprise, je saurai quelles dispositions je pourrai prendre pour limiter au maximum l'arrêt d'exploitation de l'entreprise
  • 6. En fonction des solutions retenues dans mon plan de sauvetage, je calcule le plus exactement possible les besoins de mon entreprise en termes de :
        - marge brute à assurer
        - durée de la garantie
  • 7. Je dresse l'inventaire de tous les incidents qui pourraient survenir dans l'exploitation de mon entreprise afin d'en faire ressortir les évènements et les extensions à assurer
  • 8. Tous les ans, après la sortie des comptes de l'exercice précédent, je refais le calcul de la marge brute et je m'assure que les garanties du contrat sont suffisantes eu égard aux chiffres de l'exercice passé, mais surtout par rapport aux prévisions sur tous les exercices à venir
  • 9. J'arrête de croire comme beaucoup de mes confrères que l'on doit attendre l'échéance principale pour modifier un contrat. Je sais qu'un contrat d'assurance peut se modifier chaque jour de l'année
  • 10. En cas de problème, j'envoie un courriel à mon copain Assurman