Bases techniques de l'assurance - partie 2

Écrit par Assurman. Publié dans Généralités de l'assurance

Rôle social de l'assurance :

En groupant un ensemble de personnes "les assurés",

"L'assureur" les met en mesure de s'indemniser mutuellement,

D'une perte éventuelle,"le sinistre",

A laquelle elles sont exposées par suite de la réalisation d'un "risque",

Moyennant paiement d'une somme appelée "cotisation",

Que l'assureur verse dans la "masse commune" que l’on appelle "mutualité"

 

Le rôle social de l’assurance se traduit donc concrètement en permettant :

  • à la victime d’incendie, de reconstruire sa maison
  • à une personne malade de pouvoir se soigner
  • à un chômeur, de pouvoir continuer à subsister
  • aux enfants d’un père décédé, de continuer leurs études
  • à un agriculteur victime de la grêle, d’être indemnisé de la contrepartie des dépenses qu’il a exposées et du temps de travail qu’il a effectué
  • à un chef d’entreprise victime d’un incendie, de reconstituer son outil de travail et de continuer son activité.

De nos jours, si l’assurance n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Vous imaginez vous sans aucune garantie ?

L’assurance n’est "consommée" que par ceux qui sont exposés aux risques. Les risques augmentent proportionnellement à notre patrimoine.

Conséquemment, le besoin d’assurance s’accroît avec l’évolution de notre richesse. C’est le principe de la loi d’Engel (économiste allemand du 19ème siècle).

Votre habitation et son contenu, votre véhicule, sont votre richesse !
Ne négligez pas leur couverture d'assurance

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L’assurance ne constitue pas une dépense que l’on considère comme prioritaire, et pourtant...!

De nos jours, nous sommes exposés à des risques qui sont :

  • multiples
  • importants
  • souvent imprévisibles

Et l’assurance est le seul moyen efficace pour se prémunir contre ces risques. S’assurer doit être considéré comme un acte indispensable par tout individu, qu’il vive en couple ou seul...!

RÔLE ECONOMIQUE DE L’ASSURANCE :

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On peut donc en déduire que la responsabilité économique de l’assureur naît de l’ensemble de l’activité économique d’un pays.

Elle dépasse le cadre de ses clients qui "achètent" de la sécurité pour eux-mêmes, leur famille, pour leur personnel, mais aussi pour autrui à travers les garanties "responsabilité civile".

Cet ensemble de responsabilités, tant sociales qu’économiques,
débouche sur une éthique de la solidarité
par un ensemble de lois et de réglementations.

C’est le rôle du Code des Assurances

Aspects techniques de l'assurance

MUTUALITE, STATISTIQUES, PRINCIPES DE TARIFICATION

Probabilités et fréquences

L’avenir est souvent fait d’incertitudes et l’homme n’apprécie guère d’évoluer dans l’inconnu. Il préfère les chemins bien jalonnés qui lui offrent une certaine sécurité. Aussi, a-t-il de tous temps désiré se projeter dans l’avenir en essayant de l’évaluer à partir du présent qu’il vivait. Il arrive qu’une action entraîne un résultat certain mais le plus souvent, elle offrira toute une gamme de possibilités qui auront respectivement plus ou moins de chances de se réaliser.

Ainsi, la probabilité de survenance d’un évènement est le rapport du nombre des cas favorables à la réalisation de cet évènement au nombre total des cas possibles. Exemple :

Si nous recherchons la probabilité de tirer un trèfle dans un jeu de 32 cartes :

  • l’évènement considéré sera la sortie d’un trèfle
  • le nombre total des cas favorables à la survenance de cet évènement sera de 8   (puisqu’il y a 8 trèfles dans un jeu)
  • le nombre total des cas possibles sera 32 puisque chacune des 32 cartes du jeu pourra être tirée.

Transposons cet exemple à l’assurance :

  • l’évènement considéré sera le sinistre
  • le nombre de cas favorables sera la fréquence
  • le nombre des cas possibles sera le nombre total d’assurés couverts pour ce risque
  • La fréquence de réalisation d’un évènement résulte de l’observation du passé. Elle s’obtient en effectuant le rapport du nombre des cas où l’évènement se produit par rapport au nombre total des cas observés. C’est la notion de "fréquence"
  Nombre des cas observés où l’évènement se produit
Fréquence = ---------------------------------------------------------------
  Nombre total des cas observés

Probabilité et fréquence :

La probabilité exprime ce qui peut se passer, la fréquence constate ce qui s’est réellement produit. C’est là que réside la difficulté du métier d’assureur. En effet, rien ne permet de dire que dans l’avenir, la fréquence et le coût des sinistres seront identiques aux fréquences et aux coûts observés dans le passé.

Loi des grands nombres :

Plus le nombre des observations est grand et plus la fréquence se rapproche de la probabilité calculée (lois de "BERNOULLI" et loi de "Poisson" utilisées en statistiques).

Utilisation des statistiques en assurance :

En assurance, on se sert de deux éléments pour tarifer les risques :

  • la fréquence (elle est toujours exprimée en ‰ (pour millage))
  • le coût moyen

Observation de la fréquence des évènements :

La fréquence de réalisation d’un risque est étudiée sur les exercices précédents à partir des statistiques propres à chaque assureur ou à celles de la profession.

L’évolution future des fréquences est analysée en fonction des facteurs susceptibles de les modifier et notamment :

  • prévention
  • améliorations techniques
  • facteurs économiques
  • facteurs climatiques

Les probabilités d’évolution sont mesurées et sont formalisées par des coefficients correcteurs positifs ou négatifs.

La fiabilité des statistiques exige que les études portent sur des risques semblables, homogènes. En pratique, cela signifie que les risques doivent être groupés par espèce (incendie, dégâts des eaux, vol etc...). A l’intérieur de chaque espèce de risque, on distingue des sous - classifications, par exemple, en incendie, les risques simples (habitations) et les risques industriels.

Mais il faut se garder de pousser trop loin cette division en sous ensembles pour garder la validité de la théorie des grands nombres.

Exemple concret en automobile :

  • pour tarifer le risque inhérent au conducteur d’un véhicule, on va segmenter "l’espèce conducteur" en sous catégories :
    • les conducteurs de moins de 25 ans
    • les conducteurs de plus de 25 ans et de moins de 60 ans
    • les conducteurs de plus de 60 ans
  • à l’intérieur de chacune des ces sous catégories, on pourra segmenter par activité :
    • conducteurs de plus de 25 ans et de moins de 60 ans
      • retraités
      • salariés sédentaires
      • salariés non sédentaires
      • fonctionnaires ou assimilés
      • par sexe
        • femmes
        • hommes

C’est donc par l’observation des statistiques de ces différentes familles de conducteurs que les assureurs tireront des enseignements sur la sinistralité de chacune des catégories et sous catégories et pourront appliquer des tarifs différents par chacune d’elles.

Ce n’est pas un hasard si les conducteurs de sexe féminin se voient appliquer des tarifs minorés par rapport aux hommes car si la fréquence des accidents qu’elles occasionnent est légèrement plus élevée que celles des hommes, par contre, le coût moyen des sinistres dont elles se rendent responsables est plus faible que celui des accidents provoqués par les "mâles"...!

Observation du coût moyen :

Le coût moyen est calculé pour une période considérée.

Il est le résultat de la division suivante :

Coût total des sinistres de la période
----------------------------------------------
Nombre de sinistres enregistrés